L’administration Trump se prĂ©pare Ă transmettre au Congrès, dans les prochains jours, un accord permettant aux États-Unis et Ă des entreprises amĂ©ricaines d’aider l’Arabie Saoudite Ă dĂ©velopper une industrie nuclĂ©aire civile, pour un montant se chiffrant en milliards de dollars.
Selon des informations parues aux États-Unis, l’accord ne comprend pas deux Ă©lĂ©ments que Washington considĂ©rait par le passĂ© comme des garde-fous importants contre la possibilitĂ© qu’une technologie nuclĂ©aire civile soit un jour dĂ©tournĂ©e Ă des fins militaires. Contrairement aux projets discutĂ©s prĂ©cĂ©demment, cet accord n’est par ailleurs pas conditionnĂ© Ă une normalisation entre l’Arabie Saoudite et IsraĂ«l.
Un « accord 123 » entre Washington et Riyad
Il s’agit de ce que l’on appelle un « accord 123 », du nom de la section 123 de la loi amĂ©ricaine sur l’Ă©nergie atomique de 1954. Un tel accord est nĂ©cessaire pour permettre Ă l’administration et aux entreprises amĂ©ricaines de coopĂ©rer avec des acteurs saoudiens dans le domaine du nuclĂ©aire civil.
Selon deux sources ayant Ă©changĂ© avec l’agence Reuters, le document doit ĂŞtre signĂ© par le secrĂ©taire amĂ©ricain Ă l’Énergie, Chris Wright, et le ministre saoudien de l’Énergie, Abdulaziz ben Salmane. Les deux responsables avaient dĂ©jĂ signĂ© l’an dernier Ă Riyad un accord prĂ©liminaire.
La question israélienne écartée du dossier
L’un des points les plus sensibles du texte est qu’il ne comprend pas ce que l’on appelle le « standard d’or » — l’engagement qui aurait empĂŞchĂ© l’Arabie Saoudite d’enrichir de l’uranium et de retraiter du combustible nuclĂ©aire usĂ©. Ces deux capacitĂ©s pourraient, dans certaines circonstances, servir de voie vers le dĂ©veloppement de matière fissile destinĂ©e Ă une arme nuclĂ©aire.
Toujours selon ces sources, l’accord ne comprend pas non plus le « protocole additionnel » de l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique, qui confère Ă l’agence des pouvoirs de contrĂ´le plus larges et plus intrusifs sur l’activitĂ© nuclĂ©aire d’un pays, y compris la capacitĂ© de mener des inspections Ă court prĂ©avis, y compris sur des sites non dĂ©clarĂ©s au prĂ©alable.
Cette Ă©volution marque un changement significatif par rapport au vaste ensemble de mesures discutĂ© par le passĂ© entre Washington et Riyad. Pendant une longue pĂ©riode, la coopĂ©ration nuclĂ©aire avait Ă©tĂ© envisagĂ©e comme faisant partie d’un accord stratĂ©gique plus large, dont l’Ă©lĂ©ment central Ă©tait la possibilitĂ© que l’Arabie Saoudite Ă©tablisse des relations diplomatiques avec IsraĂ«l. Mais Riyad s’est Ă©loignĂ©e de cette perspective de normalisation ces dernières annĂ©es, et l’accord nuclĂ©aire avance dĂ©sormais sĂ©parĂ©ment de la question israĂ©lienne.
Une bataille attendue au Congrès
L’accord devrait Ă©galement susciter des divisions au Congrès. De nombreux dĂ©mocrates et certains rĂ©publicains ont, au fil des annĂ©es, exigĂ© que tout accord nuclĂ©aire avec l’Arabie Saoudite comprenne des limites claires empĂŞchant l’usage de la technologie et des matĂ©riaux Ă des fins de programme d’armement. Parmi ceux qui avaient rĂ©clamĂ© par le passĂ© de telles garanties figurait Marco Rubio, aujourd’hui secrĂ©taire d’État dans l’administration Trump, Ă l’Ă©poque oĂą il siĂ©geait au SĂ©nat.
Bloquer l’accord au Congrès ne sera toutefois pas simple. Pour l’empĂŞcher, les parlementaires devront faire adopter une rĂ©solution conjointe par les deux chambres du Congrès, et si le prĂ©sident Donald Trump y oppose son veto, une majoritĂ© des deux tiers sera nĂ©cessaire pour le surmonter.
L’article original, signĂ© Ariel Wittman, a Ă©tĂ© publiĂ© le 22 juillet 2026 sur le site de Globes.
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