Le programme gouvernemental de loterie d’appartements Ă prix rĂ©duit n’est pas rĂ©servĂ© aux jeunes couples. La preuve avec cette histoire hors du commun : en 2023, un couple d’Ashkelon, âgĂ© de 65 ans, a remportĂ© un appartement de 4 pièces avec balcon, 110 m², au cinquième Ă©tage, pour la somme de 1,23 million de shekels. Mais le chemin de la loterie Ă la remise des clĂ©s s’est rĂ©vĂ©lĂ© semĂ© d’embĂ»ches.
Pour concrĂ©tiser leur gain, les Ă©poux ont signĂ© en 2024 un contrat d’achat — sans avoir au prĂ©alable effectuĂ© un bilan financier complet. Ce n’est qu’ensuite qu’ils ont rĂ©alisĂ© qu’il leur manquait l’argent pour finaliser la transaction. Ils avaient dĂ©jĂ versĂ© 900 000 shekels, soit la totalitĂ© de leurs Ă©conomies, et envisageaient de complĂ©ter par un emprunt modeste d’environ 300 000 shekels. Ce qu’ils n’avaient pas anticipĂ© : la hausse de l’indice du coĂ»t de la construction intervenue pendant les trois ans de chantier, et surtout les travaux d’adaptation indispensables — l’un des conjoints Ă©tant clouĂ© en fauteuil roulant.
Doron Ben Yosef, conseiller en crĂ©dit immobilier de l’agence Muhni Together Ă Ashdod, Ă qui le couple a fait appel dans cette impasse, dĂ©crit la situation : « Ce sont des personnes âgĂ©es qui, après des annĂ©es d’attente, ont eu la chance de pouvoir acheter un appartement Ă prix rĂ©duit Ă Ashkelon. La construction a durĂ© trois ans, et quand il a fallu rĂ©gler le solde, ils ont dĂ©couvert qu’ils n’en Ă©taient pas capables. » La difficultĂ© s’est encore compliquĂ©e : l’Ă©pouse venait de lancer sa propre activitĂ© indĂ©pendante et n’avait pas encore de revenus, et l’ensemble des ressources du foyer provenait de prestations sociales — ce qui rendait l’obtention de l’assurance-vie exigĂ©e par les banques dans le cadre d’un prĂŞt immobilier particulièrement difficile. Le couple avait frappĂ© Ă plusieurs portes bancaires, essuyant refus sur refus. « Ă€ ce stade, ils sont arrivĂ©s chez nous complètement dĂ©sorientĂ©s, pensant qu’ils avaient perdu leur appartement », prĂ©cise Ben Yosef.
Son approche a consistĂ© Ă dĂ©composer les obstacles un par un. Il s’est tournĂ© vers Mizrahi Tefahot, oĂą le couple dĂ©tenait son compte courant. L’assurance-vie a Ă©tĂ© souscrite au nom de l’Ă©pouse uniquement. Un accord de principe pour un crĂ©dit immobilier, calibrĂ© sur les revenus disponibles, a Ă©tĂ© obtenu. Et surtout, la logique mĂŞme de la demande a Ă©tĂ© repensĂ©e : plutĂ´t que de viser le montant minimal, le conseiller a sollicitĂ© un prĂŞt de 600 000 shekels, dont 300 000 pour rĂ©gler le solde dĂ» au promoteur et 300 000 versĂ©s directement sur le compte bancaire du couple pour financer les autres dĂ©penses — notamment les travaux d’adaptation liĂ©s au handicap et les paiements hors crĂ©dit. Une ingĂ©nierie financière qui a permis de rĂ©cupĂ©rer une partie du capital propre dĂ©jĂ versĂ©.
L’opĂ©ration a rĂ©ussi. Le couple a finalisĂ© la transaction malgrĂ© tous les obstacles et a rĂ©cemment emmĂ©nagĂ© dans son premier appartement, dans le quartier Ir HaYayin d’Ashkelon.
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