« Les États-Unis accĂ©lèrent leurs cyber-attaques contre le rĂ©seau Ă©lectrique russe en guise d’avertissement au prĂ©sident Vladimir Poutine », a rapportĂ© samedi soir le New York Times. Des responsables gouvernementaux passĂ©s et actuels ont dĂ©clarĂ© ces derniers mois que la pĂ©nĂ©tration du rĂ©seau Ă©lectrique russe et d’autres cibles Ă©tait l’ingrĂ©dient secret de l’action plus ouverte contre les cyber-activitĂ©s et la dĂ©sinformation russes lors des Ă©lections de mi-mandat de novembre.
Ceux qui soutiennent une approche plus agressive contre Moscou disent que c’Ă©tait nĂ©cessaire bien avant, Ă la lumière des avertissements des responsables de la sĂ©curitĂ© selon lesquels la Russie avait injectĂ© des logiciels malveillants dans des installations vitales, telles que des centrales Ă©lectriques ou des rĂ©servoirs d’eau, prouvant que les USA pouvaient agir lors de toute confrontation future avec la Russie. Cependant, cette approche prĂ©sente de graves dangers pour l’intensification de la « guerre froide  » menĂ©e quotidiennement par les superpuissances.
Mardi, le conseiller Ă la sĂ©curitĂ© nationale, John Bolton, a dĂ©clarĂ© que les Etats-Unis voient dĂ©sormais des cibles numĂ©riques plus larges dans le cadre d’un effort visant Ă avertir la Russie ou d’autres parties impliquĂ©es dans des activitĂ©s cybernĂ©tiques qu’elles « paieront un prix ».
L’expansion de l’activitĂ© cybernĂ©tique dans une mesure sans prĂ©cĂ©dent a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e après que la Maison-Blanche et le Congrès europĂ©ens eurent accru leurs pouvoirs sur le cyber-commandement du Pentagone. Aujourd’hui, le secrĂ©taire Ă la DĂ©fense n’a pas besoin de l’approbation prĂ©sidentielle pour un large Ă©ventail d’attaques en ligne. Le cyber-commandement est confiĂ© au gĂ©nĂ©ral Paul Nixon, qui a parlĂ© publiquement de la nĂ©cessitĂ© d’une « dĂ©fense de première ligne » au plus profond des rĂ©seaux ennemis pour dĂ©montrer la dĂ©termination des États-Unis Ă rĂ©agir en cas de barrage de cyber-attaques. « Ils n’ont pas peur de nous », a-t-il dĂ©clarĂ© lors de son audition devant le SĂ©nat l’annĂ©e dernière.
Selon le New York Times, depuis 2012, sous le second mandat de Barack Obama, les États-Unis suivent le contrĂ´le du rĂ©seau Ă©lectrique russe. Toutefois, ce n’est que rĂ©cemment que Washington a modifiĂ© sa stratĂ©gie pour attaquer davantage avec l’introduction en profondeur de logiciels malveillants dans le système russe et une agression qui n’a pas encore Ă©tĂ© tentĂ©e. Selon les sources citĂ©es par le journal, l’objectif est en partie de mettre en garde et de fournir en partie la possibilitĂ© d’une cyberattaque douloureuse en cas de confrontation avec la Russie.
« La situation est devenue beaucoup plus agressive au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e », a dĂ©clarĂ© un haut responsable des services de renseignement, qui a parlĂ© anonymement. Il a refusĂ© d’Ă©laborer sur des plans secrets spĂ©cifiques. « Nous faisons des choses Ă une Ă©chelle Ă laquelle nous n’avions pas pensĂ© il y a quelques annĂ©es. »
Les responsables du Conseil national de sĂ©curitĂ© ont refusĂ© de commenter, mais ont dĂ©clarĂ© ne pas craindre de porter atteinte Ă la sĂ©curitĂ© nationale lors de la publication du rapport, ce qui pourrait indiquer qu’une partie de l’activitĂ© Ă©tait destinĂ©e Ă ĂŞtre connue aux Russes. Les États-Unis se prĂ©parent Ă la possibilitĂ© que la Russie tente d’intervenir dans les Ă©lections de 2020, notamment en dĂ©sactivant les rĂ©seaux d’Ă©lectricitĂ© dans les pays clĂ©s.
On ne sait pas Ă quelle profondeur les États-Unis ont pĂ©nĂ©trĂ© dans le rĂ©seau Ă©lectrique de la Russie et on ne saura alors que si ils peuvent couper le pays de l’Ă©lectricitĂ© ou dĂ©sactiver leurs forces armĂ©es. Cette question ne peut ĂŞtre rĂ©pondue qu’après l’activation du code qui a Ă©tĂ© transplantĂ© sur le rĂ©seau russe. En outre, la manière dont Poutine rĂ©pond Ă l’approche plus agressive des États-Unis, ce qui prouve que les rĂ©seaux Ă©lectriques et autres installations vitales sont devenus des cibles lĂ©gitimes sur le champ de bataille moderne, n’est pas claire. Selon des rapports antĂ©rieurs, les États-Unis ont l’intention de placer l’Iran dans les tĂ©nèbres en cas de confrontation.
En outre, deux responsables de l’administration ont indiquĂ© qu’ils pensaient que Trump n’avait pas Ă©tĂ© informĂ© des Ă©tapes Ă suivre pour placer les « implants » ( code logiciel ) pouvant ĂŞtre utilisĂ© pour la surveillance ou lors d’une attaque au sein du rĂ©seau Ă©lectrique russe. Des sources du Pentagone et des services de renseignement ont dĂ©crit au New York Times de nombreuses rĂ©ticences au sein de l’establishment Ă ne pas entrer dans les dĂ©tails avec le prĂ©sident par crainte de sa rĂ©action et de la possibilitĂ© qu’il annule ou discute des actions contre la Russie.






