Rami Levy s’embourbe : l’enquĂŞte urgente ouverte contre la dĂ©marche dans les succursales

Une pratique discrètement introduite dans les rayons de Rami Levy vient de dĂ©clencher une procĂ©dure officielle. L’AutoritĂ© de protection de la vie privĂ©e du ministère de la Justice israĂ©lien a ouvert une enquĂŞte contre la chaĂ®ne de supermarchĂ©s, après des plaintes de clients signalant que les machines de recyclage de bouteilles installĂ©es dans ses succursales exigeaient dĂ©sormais un scan facial pour dĂ©bloquer le versement de la consigne prĂ©vue par la loi.

Sur les machines en question apparaissait un message indiquant : « En utilisant cette machine, vous donnez votre consentement Ă  l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale », accompagnĂ© d’une prĂ©cision selon laquelle « l’identification encodĂ©e est destinĂ©e uniquement Ă  l’application de la limite lĂ©gale de 50 contenants par jour par consommateur et sera effacĂ©e en fin de journĂ©e de travail ».

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Ă€ la suite des plaintes reçues, l’AutoritĂ© a demandĂ© Ă  la chaĂ®ne de lui transmettre des documents et des Ă©lĂ©ments de documentation interne, afin de comprendre comment les donnĂ©es sont collectĂ©es et si leur utilisation est conforme aux exigences lĂ©gales. Une question centrale s’est imposĂ©e d’emblĂ©e : est-il possible de rĂ©cupĂ©rer sa consigne sans fournir de donnĂ©es biomĂ©triques ? Car si ce n’est pas le cas, l’enseigne conditionnerait l’exercice d’un droit lĂ©gal Ă  la cession d’informations personnelles sensibles — ce qui pose un problème juridique sĂ©rieux.

Du cĂ´tĂ© de Rami Levy, le groupe se dĂ©fend en qualifiant la dĂ©marche de nĂ©cessitĂ© opĂ©rationnelle. La technologie de reconnaissance faciale permettrait une identification plus rapide des utilisateurs par rapport Ă  la saisie manuelle d’un numĂ©ro de carte d’identitĂ©, rĂ©duisant ainsi les files d’attente aux machines. La chaĂ®ne affirme en outre ĂŞtre couverte par un avis juridique.

L’affaire illustre une tension croissante entre l’intĂ©rĂŞt commercial Ă  rationaliser les processus et la rĂ©glementation sur les donnĂ©es biomĂ©triques, particulièrement sensibles en droit israĂ©lien comme en droit europĂ©en. La collecte de donnĂ©es faciales — mĂŞme avec promesse d’effacement quotidien — relève d’une catĂ©gorie particulièrement protĂ©gĂ©e, dont le traitement est soumis Ă  des conditions strictes de consentement libre et Ă©clairĂ©. Le fait de le conditionner Ă  l’accès Ă  un service lĂ©galement dĂ» fragilise d’emblĂ©e l’argument du « consentement volontaire ».

Pour approfondir :